Augmentation de la persécution des chrétiens et mutisme vont de pair

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Source photo: Adobe

Quoique nous soyons au 21e siècle, entre 2018 et 2019, la persécution des chrétiens a augmenté de 6 % à travers le monde.

 

En 2018, on répertoriait 245 millions de chrétiens persécutés dans le monde. En 2019, 260 millions de chrétiens étaient privés du droit d’exercer leur religion. Par ailleurs, ils demeurent le groupe le plus persécuté dans le monde. Pour sa part, Loïc Tassé rapportait en mai 2019 que 80 % des persécutions à l’égard des croyants de foi théiste visent les chrétiens.

Outre le fait que le nombre de chrétiens tués pour leur foi a « circonstanciellement » diminué entre 2018 et 2019, la persécution, dans son ensemble, a considérablement augmentée. Selon l’Agence France-Presse (AFP), le nombre de détenus ainsi que le nombre de lieux de célébration saccagés, endommagés ou incendiés se sont élevés de façon alarmante. Dans les 144 pays qui pratiqueraient différentes formes de persécution envers les chrétiens, on retrouve la :

  • Restriction de pratiques religieuses
  • Perpétration de tueries
  • Surveillance policière
  • Torture
  • Violence communautaire
  • Négation de droits, etc.

Les pays à risques

Les pays les plus rébarbatifs à l’exercice du droit à la liberté de religion, revendiqué par les chrétiens, sont : l’Afghanistan, la Somalie, la Libye, le Pakistan, l’Érythrée, le Soudan, le Yémen, l’Iran, l’Inde et la Syrie. Cependant, le pire d’entre eux est assurément la Corée du Nord. Selon l’organisation Portes ouvertes au sujet de ce grand persécuteur, « […] L’emprise totalitaire du régime sur chaque individu fait de la foi en Dieu un crime contre le régime, raison suffisante pour finir sa vie en camp de travaux forcés. » D’ailleurs, sous ce régime despotique, toute personne surprise avec une Bible risque la peine de mort.

Le défi du silence radio

Selon l’ex-secrétaire aux Affaires étrangères britannique, Jeremy Hunt, la persécution des chrétiens s’approche du génocide. En fait, M. Hunt blâme la rectitude politique. Selon lui, elle est à l’origine du mutisme à l’égard de la persécution perpétrée envers les chrétiens. C’est exactement ce que Stephen Harper voulait contrer lorsqu’il avait décidé d’ouvrir le Bureau de la liberté de religion du Canada, le 19 février 2013. Il avait affirmé que, désormais, le Canada ne garderait pas le silence devant l’intolérance religieuse qui se répand sur la planète. Chose peu surprenante, le NPD s’est opposé farouchement à cette approche. Selon eux, cette stratégie convertissait nos politiques étrangères en instrument à des fins partisanes, favorisant des groupuscules et les communautés évangéliques.

Un changement de cap

Le gouvernement libéral, par la suite, a opté pour un changement de nom du BLRC et une nouvelle vocation. En créant le Bureau des droits de la personne, des libertés et de l’inclusion (BDPLI), le gouvernement libéral de Justin Trudeau ne fait plus de la liberté de religion un élément prioritaire de sa politique étrangère. Cette liberté est maintenant intégrée aux Affaires autochtones, à la démocratie et à l’inclusion des différentes minorités. Elle n’est donc plus une priorité du ministère des Affaires mondiales du Canada.

Comment sortir du mutisme

Pour sortir de ce silence mortel, il n’y a qu’un seul pas à faire : contacter le Bureau des droits de la personne, des libertés et de l’inclusion du Canada et les informer de cas spécifiques où des chrétiens sont persécutés à cause de leur foi. Plus il y aura de signalements de cas réels, plus nos représentants prendront conscience de l’ampleur de la situation. À défaut de voir bouger les choses, il reste une solution alternative : alerter l’opposition.

Merci aux organismes comme Porte ouvertes et bien d’autres qui parlent au nom de ceux qui n’en ont pas la possibilité, et je tiens à remercier également tous ceux qui prient pour notre liberté de religion, notre liberté de conscience, notre liberté d’expression et notre liberté de rassemblement.

Voilà essentiellement ce que j’ai discuté avec Jean-Ernest Pierre, l’animateur de l’émission Billet de retour diffusée sur les ondes de CJMS \ 1040 AM et de CPAM \ 1410 AM.

Merci de nous faire part de vos commentaires en bas de l’écran dans l’espace réservé à cette fin.

Éric Lanthier, chroniqueur politique et social

 

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