Demeurer sensible à la réalité des sans-abris

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Source photohttps://lnkd.in/ewTx5EF

par Éric Lanthier

L’itinérance est un sujet préoccupant parce qu’il concerne des êtres humains qui ne sont plus en mesure d’intégrer un système conçu pour les plus forts.  Même dans le système d’aide aux itinérants, il faut être fait fort pour y trouver son compte.

 

Plusieurs éléments contraignent le sans-abri.  Tout d’abord, de par son comportement et de par son apparence, il n’est pas toujours vu comme un être humain.  Comme un chat qui miaule pour obtenir de quoi subsister,  l’itinérant est souvent ignoré, parfois méprisé mais généralement pris en pitié.  Quoiqu’il en soit, il se sent, plus souvent qu’autrement, seul au monde.  Ainsi, dans le meilleur des scénarios, il ne lui reste que l’énergie du désespoir pour se maintenir en vie.

 

Augmentation du nombre de sans-abris parmi les jeunes

Par ailleurs, la croissance du nombre de sans-abris s’avère préoccupante.  Ce phénomène est inquiétant puisqu’on retrouve de plus en plus de jeunes de moins de 30 ans, dans les rues, en train de réclamer quelques pièces de monnaie.  Selon le journal La Presse Canadienne, en 2009, le Québec comptait environ 5000 jeunes sans-abri de 17 à 24 ans.  Selon une étude réalisée par les organismes de services sociaux de la région de la capitale canadienne, 75% des enfants de la rue interviewés avaient quitté leur foyer en raison d’agressions sexuelles ou d’actes de violence physique ou morale.  De plus, selon les statistiques recueillis par Michèle Ouimet, journaliste à La Presse, 35% des sans-abris souffrent de problèmes psychiatriques majeurs. Or, dans la population en général, ce sont normalement 3% à 5% des gens qui souffrent de ces problèmes. Pour sa part, Radio-Canada, en 1990, on avait répertorié 12 000 sans-abris, au Québec.  Vingt ans plus tard, on en comptait 30 000.

 

Le contexte climatique québécois

Outre l’augmentation du nombre de sans-abris, tous et chacun d’entre eux doivent composer avec une dure réalité : le climat québécois.  Le froid, la neige et l’humidité font en sorte que les sans-abris sont victimes d’un climat qui est loin d’être favorable à leur réalité.

 

Par où commencer?

Compte-tenu de l’ampleur des besoins, il nous est pratiquement impossible d’enrayer l’itinérance.  Par contre, comment pouvons-nous demeurer sensible à leur réalité et contribuer à la diminution de ce fléau?  Même si chacun d’entre nous ne sommes pas en mesure de prendre en charge un sans-abri, nous sommes tous capables d’apporter un changement de ton à leur égard.

 

Le premier pas est tout simple : les regarder dans les yeux avec compassion et les voir comme des gens désemparés qui souffrent.  Pour ma part, à chaque fois que je les vois, ça me rappelle à quel point je suis privilégié.  Je suis à la fois attristé pour eux et reconnaissant que j’ai été choyé par la vie.  Bref, quand je les regarde, je réalise que je suis le bénéficiaire de la grâce de Dieu.

 

Dans un deuxième temps, même si on ne peut pas tous les prendre en charge, nous pouvons en choisir un qui est sur notre chemin et commencer à le saluer.  Nous sommes tous en mesure de leur démontrer de l’affection par notre regard.  Vous serez surpris de voir qu’à la longue ça va lui faire bien.  Ensuite, si vous êtes audacieux apporter-lui un sandwich, une soupe ou un café chaud, jamais de l’argent. Subséquemment, si vous lui parlez, placez-vous à côté de lui, afin que les passants puissent continuer de le voir.  Il ne verra pas de bon augure que vous l’isoliez de la vue des passants.  N’oubliez pas que sa visibilité est pratiquement sa seule source de survie.

 

En dernier lieu, vous pouvez soutenir des aumôniers ou des centres de refuge qui accompagnent ces gens.  Ils sont formés pour les aider, les faire cheminer, les amener plus loin et parfois même pour les sortir de la rue.

 

Ils ont besoin de nous

L’itinérance préoccupe certains de nos élus et c’est important que ce soit ainsi.  Par contre, leur plan d’aide à l’itinérance ne doit pas nous déresponsabiliser et nous enlever toute sensibilité à leur égard.  Ils ont besoin de notre contribution.  C’est à nous d’établir notre rôle à jouer dans cette réalité préoccupante.

 

Conclusion

Je rends grâce à Dieu pour tous ceux qui s’arrêtent et qui prennent le temps de d’augmenter quelque peu leur bien-être.  Ils contribuent à faire du bien à ceux qui ne sont pas attirants et qui sont laissez pour compte dans un monde conçu pour les plus forts et heureusement, aussi pour les bons samaritains…

 

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