Doit-on mettre sur pied un secrétariat aux Affaires masculines?

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Le Tour d’horizon est diffusé tous les vendredis sur les ondes du 92,7 FM\Ottawa-Gatineau à 17 h 15.  Il est disponible en format audio au bas de la page et en mode vidéo en tout temps sur cette page ainsi que sur ma chaîne YouTube.

Le vendredi 31 janvier 2020

Même si un rapport du comité de travail en matière de prévention et d’aide aux hommes a été déposé en 2004, Jonathan Trudeau nous rappelle que la société québécoise n’a pas réussi à améliorer le sort de la gente masculine en détresse.

Essentiellement, ce rapport faisait état que les hommes :

Sont plus violents

Se suicident plus,

Sont davantage alcooliques ou toxicomanes,

Décrochent de l’école en plus grand nombre

Sont beaucoup plus criminalisés que les femmes.

Qui plus est, même si les femmes sont moins criminalisées, ce sont, malgré tout, les hommes qui sont le plus souvent victimes de meurtres.

À la lumière de ces informations, il s’avère primordial de s’attarder aux problématiques masculines.

Ils tardent à consulter

Plus précisément, ce rapport émis par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) nous informait que, contrairement à l’ensemble des femmes, les hommes consultent un professionnel de la santé plus souvent pour des problèmes graves et beaucoup plus rarement pour des douleurs soudaines ou temporaires. À cause du fait qu’ils tardent à consulter, ils se retrouvent donc face à des diagnostics plus sévères.

Ils crient rarement à l’aide

De plus, seulement le tiers des consultations en santé mentale sont demandées par des hommes, ce qui fait en sorte que moins d’hommes que de femmes prennent des médicaments. Ils n’ont pas autant tendance que leur alter ego à consulter un médecin pour leurs problèmes émotionnels. Demander de l’aide, pour ceux qui prétendent faire partie du sexe fort, est perçu comme une menace à leur virilité. Ils se retiennent de crier à l’aide ou de se plaindre, et ils espèrent pouvoir s’en sortir seuls. Ils attendent donc d’être au bout du rouleau pour faire appel à un professionnel qui pourrait les aider.

Mieux former les intervenants

Le personnel médical et celui de soutien ne sont pas toujours habiles à lire et à décoder les signaux qui sont propres à l’univers masculin. Jean-Martin Deslauriers, intervenant social et chercheur à l’Université d’Ottawa, souligne qu’un homme peut occasionnellement être agressif, ce qui repousse souvent les intervenants. En termes de résultats par rapport à ces consultations, les hommes repartent souvent bredouille, faute de soins adéquats.

Promouvoir le recours à l’aide

Néanmoins, en termes de solutions, ce rapport proposait que l’on fasse la promotion des ressources qui sont disponibles pour aider les hommes en difficulté et que l’on mette l’accent sur le fait que demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse. Comme l’exprime si bien Normand Provencher, les hommes sont plutôt enclins à souffrir en silence. Le rapport du MSSS suggère également que les approches, les services et les modes d’intervention existants soient davantage attirants pour la clientèle masculine.

Entourer les hommes en instance de séparation

En premier lieu, considérant que les ruptures amoureuses sont souvent à l’origine de la détresse masculine, il serait pertinent qu’une collectivité d’experts se penchent sur la question et proposent des mesures adéquates et aidantes à prendre en cas de ruptures d’union.

Augmenter la représentativité des hommes dans certains secteurs

Il serait également important que l’on favorise la représentativité du genre masculin dans certaines professions. Les garçons ont besoin de voir plus d’hommes dans les salles de classe. Dans bien des régions du Québec, le personnel enseignant est composé de 90 % de femmes dans les écoles primaires. Au lieu de seulement s’attaquer aux préjugés qui font tache d’huile et nuisent à la réputation des hommes, valorisons aussi leur identité masculine par des actions positives.

Se donner des outils

En dernier lieu, reconnaissons collectivement l’importance de voir à la condition masculine et prenons les moyens nécessaires afin que la réflexion amorcée en 2004 se poursuive. Les jeunes Québécois ont besoin de voir qu’on se soucie de leurs défis et de leurs détresses, et que l’on s’attaque aux lacunes qui existent dans le domaine du soutien et des soins psychologiques à leur égard. Permettons-leur de mieux se développer. Si l’on veut moins de violence chez les hommes, il serait peut-être judicieux de les éduquer à aller chercher de l’aide au moment où ils en ont besoin.

Le rôle important des hommes

Pour les aider à se responsabiliser, le rapport propose d’encourager les hommes à occuper la place qui leur revient dans la famille. Les hommes veulent être utiles. Au lieu de s’attaquer aux préjugés négatifs véhiculés à l’égard des hommes, nous devons nous doter d’outils et de canaux de communication pour mettre en valeur une saine identité masculine.

L’option prévention

Gilles Tremblay, chercheur à l’Université Laval, croit fermement que la santé et le bien-être des garçons et des hommes doivent représenter une priorité dans divers plans d’action au Québec. Même si la jeune génération est attirée par l’hypermodernisme, l’adage, mieux vaut prévenir que guérir, a toujours sa place dans une société qui se donne le défi d’édifier ses hommes en devenir.

Éric Lanthier, chroniqueur politique et social

Si vous désirez que le Tour d’horizon continue à être diffusé ce printemps sur les ondes du 92,7 FM , n’hésitez pas à me contacter via leblogueur@ericlanthier.net

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