Élargir l’accès à l’aide médical à mourir aux plus vulnérables

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Source photo: #darksouls1 et #pixabay

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Le vendredi 24 janvier 2020

Le 21 janvier dernier, la ministre de la Santé du Québec confirmait que les personnes atteintes de sévères troubles de santé mentale auront accès à l’aide médicale à mourir. Qui seront les prochains?

La question est drôlement inquiétante si l’on considère qu’en avril 2019, Le Soleil nous apprenait que le système de santé du Québec a reçu dix fois plus de demandes d’aide médicale à mourir (AMM) que ce qui était prévu en 2014 lors de l’adoption de la loi. Se peut-il que, même si la ministre prétend que très peu de ces gens y auront accès, les prévisions ne correspondent pas à la réalité? C’est pourquoi plusieurs se questionnent sur la pertinence d’ouvrir si grand l’accessibilité à ce service à des personnes aussi vulnérables.

Nicole Gladu

Malgré qu’elle se soit battue devant les tribunaux pour élargir les critères d’accessibilité à l’AMM, Nicole Gladu, elle, n’endosse pas le projet que les personnes atteintes de sévères troubles de santé mentale puissent y être admissibles. Au contraire, cette ouverture la préoccupe énormément.

Véronique Hivon

Véronique Hivon s’inquiète. Celle qu’on considère comme l’instigatrice de l’AMM met en doute la proposition de la ministre. Selon la députée de Joliette, il n’y a pas de garantie que les critères d’admissibilité ne changeront pas d’ici un an.

Nous sommes également en droit de nous demander qui seront les prochains sur la liste dans deux ans : les gens qui ont le mal de vivre, les enfants atteints de maladie incurable, les itinérants en désespoir?

Alice Charasse

Selon Alice Charasse, la directrice générale (DG) de la Société québécoise de schizophrénie (SQS), il y a matière à s’inquiéter. Elle craint que l’accès à l’AMM enlève de l’espoir aux personnes atteintes de schizophrénie ainsi qu’à leurs familles. La DG de cette organisation croit qu’on peut bien vivre avec cette maladie mentale. Par ailleurs, elle pense que le véritable problème est surtout la difficulté d’accès à un psychiatre et le sous-financement des organismes communautaires.

Mathieu Bock-Côté

Malgré que la grande majorité des Canadiens soient en faveur de l’élargissement de l’accès à l’AMM, Mathieu Bock-Côté s’oppose au concept de pensée unique. Il s’indigne et affirme qu’au lieu de se préoccuper du bien-être des gens qui souffrent, on consent à leur donner la mort. Selon le chroniqueur vedette du Journal de Québec, ceux qui s’objectent à cette ouverture sont qualifiés d’antihumanistes. Pourtant, selon le sociologue québécois, il s’agit d’une barbarie maquillée en générosité humaine. Qui plus est, Mathieu Bock-Côté met le doigt sur le malaise quand il dit que « l’individualisme tout-puissant qui commande l’esprit de notre temps ne tolère pas qu’on limite son déploiement ».

Les Canadiens

Le cynisme et le désintérêt des Canadiens face à la politique produisent une société sans espoir. Sans espoir, la valeur que l’on donne à autrui est minée; sans espoir, la vie humaine perd sa dignité… L’aide médicale à mourir ne fait que nourrir l’espoir des Canadiens en la mort, comme si la mort était une fin en soi, une délivrance. L’espoir d’être accompagné et aimé malgré sa condition disparaît de plus en plus parce que la souffrance n’a pas sa place dans une société où l’hédonisme s’impose. Ce cynisme nous amène à nous poser la question fondamentale : « Qui seront les prochaines victimes de l’élargissement de l’accessibilité à l’AMM? Les adolescents, les enfants? » Pourquoi les Canadiens recherchent tant à offrir la mort aux personnes vulnérables alors qu’ils refusent de la donner à ceux qui font souffrir des plus faibles qu’eux? C’est à s’y confondre!

La Société québécoise de schizophrénie

Avant d’élargir l’accès à l’AMM, pourquoi ne pas mettre l’accent sur la solidarité, la force de la communauté et sur l’accessibilité à des soins de qualité envers ceux qui ont désespérément besoin d’aide? S’agit-il d’une question de valeur?

Malgré cette orientation déplorable vers la mort, Dieu merci, il y a encore au Québec des organismes comme la SQS qui se battent pour améliorer la qualité de vie de certains! Bravo! Vous faites partie des Québécois qui contribuent à donner de l’espoir en la vie. Merci infiniment, vos œuvres sont précieuses!

 

Éric Lanthier, chroniqueur politique et social

 

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