Élections fédérales canadiennes 2019: la victoire du politiquement correct

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Malgré un taux de participation relativement bas, nous assistons à une remontée du Bloc au Québec, à une majorité de sièges pour l’équipe de Justin et à une opposition conservatrice historique. La majorité des Québécois et un bon nombre de Canadiens ont opté pour le politiquement correct.

 

Les Québécois et les Ontariens n’aiment pas sortir du cadre, surtout s’il s’agit de se distancer du moule imposé par les adeptes de la pensée unique. Il n’a fallu qu’une question de la part de Justin Trudeau pour faire basculer le sort de l’élection. En acculant le chef conservateur dans les câbles, le premier ministre a réussi à lui assener un uppercut : « C’est important de savoir, vous, Andrew Scheer, est-ce que vous croyez qu’une femme devrait avoir le choix? » Jagmeet Singh, à son tour, lui a donné le coup de grâce en renchérissant comme suit : « Moi, je suis pour l’avortement, je suis pour le mariage de même sexe, je suis pour le droit de mourir dans la dignité; est-ce que vous êtes prêt de dire ça aujourd’hui? » Évidemment ébranlé, Andrew Scheer s’est contenté de dire qu’il ne réouvrirait pas le débat. Lors du point de presse, après ce face-à-face malheureux pour lui, le chef du PCC n’a pas encore été en mesure d’affirmer sa position personnelle. Ce n’est que le lendemain qu’il a eu le courage de dévoiler son point de vue sur le sujet. Or, lors du débat du 10 octobre, monsieur Scheer a fini par affirmer sa position pro-vie tout en martelant qu’il voterait contre tout changement au droit à l’avortement pour les 40 semaines de grossesse. Il l’a fait avec aplomb, mais trop peu, trop tard.

Une maladresse révélatrice

Cette maladresse a démontré qu’Andrew Scheer n’avait pas la virilité nécessaire pour assumer les plus hautes fonctions d’État. En même temps, ce malaise de sa part a mis en lumière que l’avortement ne peut être débattu au Canada. Même si un grand nombre de Canadiens s’opposent à ce que l’avortement soit utilisé comme moyen de contraception, passé 24 semaines, l’élite médiatique refuse catégoriquement qu’on rouvre le débat. Le concept de pensée unique vise à ce que l’avortement continue à être sans restriction au Canada. On ne veut ni l’interdire ni le limiter à 24 semaines. La preuve, dans le comté de Papineau, le Parti Rhinocéros a reçu plus d’appui que le parti le plus pro-vie, soit le Parti de l’héritage chrétien. En débattre serait un affront contre les protecteurs de la pensée unique. Pour ma part, vous le savez, dans une société réellement démocratique, il n’y a pas de place pour la pensée unique.

Nous comprenons alors pourquoi, le 21 octobre dernier, une majorité de candidats, associés à la pensée unique, ont été élus. Effectivement, le futur Parlement sera composé d’une forte majorité de députés qui adhèrent à la pensée unique. Parmi eux, une minorité de ces futurs parlementaires adhèrent à la pensée unique québécoise et une majorité, à la pensée unique canadienne.

Nourrie par le mouvement laïc québécois, la pensée unique québécoise prône l’idée que l’État doit s’élever au-dessus des croyances des individus. En effet, au Québec, on dit que : « […] la liberté d’opinion et de croyance qui, toutefois, doit s’exercer dans les limites des lois civiles. » Au Canada, la pensée unique se délecte d’une vision multiculturaliste, où toutes les communautés détiennent une place équivalente. Outre ces deux réalités géopolitiques différentes, en fin de compte, sur les questions d’enjeux sociaux, la majorité des députés du Québec et du Canada se joignent au concept de pensée unique où l’aide médicale à mourir doit être élargie et où le droit à l’avortement doit être exercé et subventionné à cent pour cent jusqu’à 40 semaines de grossesse.

Des pistes vers le changement

Pour sortir du carcan de la pensée unique où l’on impose à tous l’obligation de penser comme tout le monde, nous devons développer, tant au Québec qu’au Canada, une véritable culture de débat. Pour y arriver, Montréal a besoin d’une station de radio prête à faire entendre les voix alternatives. Par ailleurs, les conservateurs devront s’élire un chef qui réussira à rallier les troupes de Maxime Bernier, l’ensemble des Québécois et un plus grand nombre de sièges dans l’Est du Canada. Le prochain leader conservateur devra s’inspirer de Yves-François Blanchet. Il devra avoir de l’assurance, savoir manier la langue et proposer des alternatives crédibles face à la pensée unique. À défaut de quoi, l’électorat se tournera vers un choix esthétique…

Rendre à César ce qui lui appartient

Malgré sa décevante défaite, Andrew Scheer a fédéré les votes de droite et freiné la menace de Mad Max. Il faut quand même lui accorder cette réussite, il a obtenu la plus forte majorité conservatrice depuis 1968. Cependant, l’histoire lui reprochera de ne pas avoir été capable de ravir la victoire tant espérée de la main des libéraux. Manquant de conviction, il n’a pas su inciter le peuple à le suivre dans sa vision du Québec et du Canada.

Freiner l’immaturité de Justin

Quoi qu’il en soit, les Canadiens ont montré qu’ils veulent du progrès, mais avec mesure. En fait, ils ont voulu donner un coup de frein à Justin. Nous reconnaissons sa créativité, son effervescence, son attachement aux tendances à la mode, mais nous avons voulu lui donner une opposition conservatrice forte pour le rappeler à l’ordre, du moins, en apparence. Je dis bien « en apparence » parce que si tous les partis progressistes se rangent derrière Justin, la forte opposition conservatrice n’aura que le jappement d’un chien de garde sans en avoir les crocs. C’est là où en est le Canada : on se contente d’apparence, sans plus. Tant qu’en apparence, c’est beau, on appuie et tant qu’en apparence, on conteste, on joue le jeu. Pendant ce temps, le Canada continue à subventionner les avortements jusqu’à 40 semaines malgré qu’un grand nombre de Canadiens s’y opposent. On n’est pas d’accord, mais on ne veut pas en parler. Pourquoi? Parce que contester n’est pas politiquement correct, pensée unique oblige…

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