Faute de leaders, la culture québécoise saute la clôture!

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Source photo: Pixabay

Éric Lanthier

 Cet article a été initialement publié sur la plateforme du Prince Arthur Herald

 

Jean-Marc et Philippe Léger affirment que les « Y » se préoccupent davantage des enjeux économiques que des questions identitaires. Faute de leaders, les milléniaux du Québec sont en train de s’américaniser.

 

Cyril Barber avait raison lorsqu’il affirmait que toute société est dépendante de ses leaders. Sans leaders crédibles, la culture d’une nation est vouée à disparaître ou presque, au profit d’une autre plus inspirante. À l’heure actuelle, l’américanisation et l’occidentalisation menacent gravement l’identité québécoise. Le Québec vit présentement une crise identitaire parce que ses leaders cherchent égoïstement leurs propres intérêts au détriment du bien commun. S’ils lui donnaient priorité, ils défendraient les idéaux québécois, même au prix de pertes personnelles à court terme. Le meilleur exemple à ce sujet est Québec Solidaire (QS).

 

La cause nationale avant les intérêts personnels

Oui, c’est un secret de Polichinelle, « je ne suis pas un adepte de QS ». Toutefois, je dois admettre qu’ils ne cherchent pas à plaire à tout le monde. Dans leur esprit, ils ont un plan clair pour le bien des Québécois et ils savent comment le mettre en valeur et le transmettre. Pour y arriver, les doyens de QS ont cédé leur place à du sang nouveau. En laissant entrer dans l’arène Gabriel Nadeau-Dubois, le Parti a démontré que la cause était plus grande que leur poste.

 

Le centre du pouvoir

Puisque nos élus veulent le pouvoir avant tout, les partis politiques ont tendance à se garer au centre. Présentement, la seule option face au remplacement des libéraux de Philippe Couillard est d’élire un autre parti de centre. Les Québécois n’ont donc que deux options, le PQ ou la CAQ. Je crois fermement que c’est parce que le pouvoir se tient au centre que rien ne bouge. Plus un parti a des idées neuves, claires et pragmatiques, plus il s’attire d’opposants. Ces idées qui sortent des sentiers battus génèrent assurément de l’opposition, mais ce sont elles qui peuvent façonner le changement que nous avons besoin. Le centre ne fait que bonifier le statu quo; au mieux, il le maquille. Trop souvent, les réformes sont implantées dans le but de limiter l’opposition et non en vue du bien commun. Ce n’est qu’une apparence de renouveau qui s’installe, mais en définitive, notre nation continue de s’enliser. Résultat : les milléniaux aspirent à ce qu’on s’américanise, et les identitaires soupirent à ce que le Québec s’occidentalise.

 

Pour contrer l’américanisation : mettre en valeur notre patrimoine

Pour contrer l’américanisation de notre belle province, nous devons nous doter de leaders qui auront le courage de promouvoir une identité québécoise inclusive. Je n’ai jamais vu l’un d’eux se lever pour préserver notre patrimoine. Au contraire, ils essaient tous de s’aliéner le moins de votes possible.

 

En fait, ce que nous avons besoin, c’est d’un musée du Québec où nos symboles, nos célébrations, nos traditions, nos plats et nos artistes seraient mis en valeur. En donnant ainsi de l’importance à notre patrimoine, nos leaders n’auraient plus à se battre pour défendre notre identité, elle s’imposerait comme une réalité nationale.

 

Néanmoins, il ne s’agit pas d’obliger ces symboles, ces célébrations et ces traditions à tous. Non, le rôle des leaders est de s’assurer que les Québécois de toute origine puissent du moins leur accorder un respect.

 

Pour contrer l’occidentalisation : mettre en valeur la dimension communautarienne

Le Québec est une nation qui doit mettre la liberté au premier rang de ses valeurs. C’est elle qui insufflera dans le cœur de chaque communauté un sentiment d’appartenance québécoise. Seul un esclave aspire à la liberté, un homme libre, par contre, n’est esclave de rien. Lorsque, au Québec, tous se sentiront libres de vivre selon leurs convictions, ils ne convoiteront plus de vivre ailleurs. Nos leaders ont donc tout intérêt à protéger nos libertés individuelles et collectives dans l’espace public comme dans l’espace privé. C’est par le respect des libertés de ses citoyens que notre nation évoluera et non par l’obligation de croire aux dogmes de la pensée unique élaborée par nos élites.

 

Décentrer le discours pour prospérer

Cette approche qu’on appelle le patriotisme-communautarien, qui mise sur le patrimoine et la liberté de tous, est le seul moyen de mettre un frein aux identitaires qui prônent une occidentalisation du Québec et aux multiculturalistes qui sont vus comme une menace à notre identité. En valorisant notre patrimoine et en laissant à chaque communauté le soin de se développer en toute liberté, nos leaders pourront continuer à ouvrir la porte à des accommodements raisonnables sans que notre identité et notre patrimoine ne soient remis en question.  Je suis d’avis qu’il faut régler cette question identitaire pour ensuite trouver des solutions qui remettront le Québec sur les rails de l’entrepreneurship. En effet, avec des leaders courageux, les Québécois n’auront plus à envier les Américains, dans la mesure où ils ne donneront pas priorité à la prospérité de l’État, mais bel et bien à celle de toutes les couches de la société. Or, pour atteindre ce but, ils doivent décentrer le discours… À défaut de quoi, les milléniaux contribueront, sans soucis, à ce que la culture québécoise devienne une sous-culture américaine. Plus tard, ils finiront peut-être par écouter les boomers et feront de la culture québécoise une sous-culture occidentale. Alors, réussiront-ils à sauter la clôture ou à frapper un mur? L’avenir le dira!

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