La réforme des structures scolaires : à la recherche d’un ministre courageux

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Source image: https://lnkd.in/ey5zRZQ

Par Éric Lanthier, M. Éd.

Le problème avec le ministère de l’éducation est relié à un seul dénominateur commun : nous n’avons pas eu de leader courageux depuis Claude Ryan.

 

Le manque  de courage, à la fois des ministres de l’éducation et des premiers ministres, ont contribué à la détérioration du ministère le plus important du cabinet.  C’est par l’éducation qu’on forme une relève qui assurera un avenir reluisant aux familles et aux acteurs de la société Québécoise.

 

Or, au gouvernement du Québec, on ne voit pas l’éducation comme une priorité.  On est loin d’avoir un Mels[1] en santé.  Le bilan du deuxième poste budgétaire[2] du gouvernement québécois est net : décrochage scolaire élevé, démission massive des enseignants, structure archaïque, sous-financement, infrastructures vetues et désertion de la clientèle vers le privé.  Ce portrait nous en dit long sur le besoin d’un leader stratégique et efficace.  Il n’y a aucune famille, aucune organisation, aucun groupe, aucune société, ni aucune entreprise qui survivrait avec un tel portrait.  En vérité, le gouvernement entretien une atmosphère malsaine alors qu’il est le seul qui peut poser des solutions concrètes pour remettre de l’ordre et de l’espoir dans l’éducation.

 

Une réforme en six points

Pour générer un résultat significatif, le ministre doit changer les fondements même du contexte scolaire.  La réalité d’aujourd’hui ne peut pas être gérée de la même manière qu’elle l’a été lors de la révolution tranquille.  Pour ce faire, il devra repenser non seulement le fonctionnement mais également l’horaire et les programmes.

  • Donner le pouvoir direct et total aux écoles à l’exception du régime pédagogique et des normes en termes de qualification des enseignants
  • Établir 17 centres de ressources éducatives régionales pour assurer la coordination des ressources, du matériel et des infrastructures pédagogiques
  • Offrir trois programmes d’enseignement :
    • adapté, pour les élèves en difficulté d’apprentissage et d’adaptation
    • régulier, pour l’ensemble des élèves qui se maintiennent au-dessus de la note de passage
    • enrichi, pour les élèves doués qui sont aptes à relever des défis pédagogiques
  • Réduire le temps de présence en classe des enseignants et augmenter leur implication à l’encadrement des élèves en dehors de la salle de classe : préparations de classe plus inspirantes, implication dans les activités parascolaires, coopération avec les parents, contact avec le milieu, participation à de la formation continue, etc.
  • Garder les élèves jusqu’à 17 heures pour compléter les devoirs, étudier, participer à des activités parascolaires et sportives
  • Séparer les filles et les garçons au niveau secondaire

 

Appui inconditionnel

Pour apporter ces changements, le ministre doit être lui-même convaincu du bien-fondé de ceux-ci.  Même s’il l’est, sa détermination ne sera pas suffisante, elle nécessite l’appui inconditionnel de son premier ministre.  Cet appui est nécessaire puisque plusieurs levées de bouclier vont apparaître à l’horizon dès que le ministre va faire connaître ses intentions.  À juste titre, il ne peut plus être un ministre de transition, il doit être l’homme de la situation car c’est sérieux, l’avenir de la relève en dépend.

 

Approche électoraliste

Ce n’est pas un secret de polichinelle, règle générale, lorsqu’un citoyen se présente aux élections, c’est normalement dans le but d’être élu, du moins, c’est l’espoir qu’il entretien.  À ceci, il y a un aspect malsain qui s’y rattache : lorsque le parti est au pouvoir, il veut maintenir le pouvoir.  Ainsi, pour s’assurer de prolonger son parcours à la tête du gouvernement, il n’osera pas s’aventurer dans des réformes impopulaires.  C’est pourquoi, le gouvernement préférera panser les blessures apparentes plutôt que de tenter de guérir la maladie qui est en cause.

 

Aujourd’hui, le gouvernement de Philippe Couillard est à la croisée des chemins. Il doit décider s’il va appuyer une réforme qui favorisera une culture d’apprentissage dans le milieu scolaire ou un système qui enverra ses meilleurs éléments vers le système privé.

 

En attendant, le ministre actuel achète du temps et risque de relancer la balle au prochain premier ministre qui, à son tour, nommera un autre ministre de transition à l’Éduction.  À défaut d’un premier ministre et d’un ministre de l’éducation courageux, la comptine suivante s’appliquera bien à ce ministère en quête de renouvellement : «Trois fois passera, la dernière, la dernière, trois fois passera, la dernière y restera?..»

 

[1] Ministère de l’éducation du loisir et du sport

[2] http://www.budget.finances.gouv.qc.ca/budget/2016-2017/fr/documents/Graphiques_Tableau.pdf

 

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