L’agression envers Mathieu Bock-Côté : un témoignage d’intolérance

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Source image: http://lavieagricole.ca/media/image_article/DSC_0331.JPG

Par Éric Lanthier, animateur du Tour d’Horizon sur les ondes du 92,7FM

 

Cet article a été publié initialement sur la plate-forme du Prince-Arthur Herald

 

L’agression envers Mathieu Bock-Côté est définitivement un témoignage d’intolérance révélant qu’au Québec il n’y a qu’une façon de penser : la bonne et aucune autre.

 

La semaine dernière, Mathieu Bock-Côté faisait la tournée des radios de la capitale nationale pour présenter sa dernière publication intitulée «Le nouveau régime : essais sur les enjeux démocratiques actuels».  Après cette tournée, il s’apprêtait à présenter son livre dans une librairie de la rue Cartier à Québec.  À sa grande surprise, un homme s’est approché en criant : «Fasciste!..» et lui a assené une tarte en pleine figure.

 

Souvenirs d’antan

Cette agression me rappelle des événements survenus à Montréal lors du débat des chefs de l’Alliance Canadienne.  J’étais dans l’entourage du candidat vedette, Stockwell Day; François Pilote, pour sa part, faisait partie de l’équipe de Tom Long.  Or, j’appris, quelques secondes avant le point de presse, qu’il y avait un entarteur dans la salle.  Dieu merci, j’ai eu le temps d’informer François que nos candidats étaient en danger.  Laissez-moi vous dire que nous étions aux aguets.  Sachant que nous l’avions repéré, l’entarteur décida de ne pas exécuter son plan.  Ainsi, messieurs Day et Long n’ont pas eu à subir l’agression qu’a vécue Mathieu Bock-Côté.  Quoiqu’il en soit, je peux vous assurer que personne de l’entourage de ces deux politiciens n’avaient le goût de rire.

 

Apparence loufoque

Quoique l’entartage s’avère un geste loufoque pour l’entarteur, il demeure néanmoins une agression pour l’entarté.  Comme le dit si bien la victime de cette voie de fait, il s’agit d’une : «… agression maquillée en parodie![1]».  Au lieu d’argumenter avec Monsieur Bock-Côté, l’agresseur a utilisé un projectile pour exprimer ses désaccords.  Cela démontre que ce personnage, digne d’un vaudeville, est à court d’arguments, qu’il  n’est pas apte à défendre ses opinions de manière civilisée.

 

La différence entre la fiction et la réalité

Lorsqu’il s’agit d’un spectacle sur la scène, les acteurs qui s’entartent sont consentants, ils acceptent de jouer le jeu.  Par ailleurs, le public sait également que c’est un jeu.  De la même manière que le commun des mortels ne doit pas imiter le justicier qui tue des individus dans un film, l’entarteur n’est pas appelé à s’exécuter publiquement.  Tout être sensé sait faire la part entre la fiction et la réalité.  Or, ces événements nous montrent que l’auteur de cette agression armée n’est pas en mesure de faire la différence.  Cet assaut n’est pas une œuvre de courage; il s’agit plutôt d’un geste causé par un être à court d’arguments, vivant dans un monde imaginaire, où la réalité se confond avec ses idéaux.

 

Caricature grossière de la réalité québécoise

Ce geste isolé demeure néanmoins une caricature, voire une «vaudevillisation» de la réalité québécoise.  Au Québec, dès que quelqu’un veut mettre de l’avant une vision qui sort de la pensée établie, on le peinture dans le coin.  Or, par ses propos, Mathieu Bock-Côté déstabilise souvent les Protecteurs de la bienséance contemporaine.  Ainsi, la réaction de ce trouble-fête ne fait qu’illustrer, en geste disgracieux, l’intolérance de ces Québécois qui contrôlent l’agenda idéologique.  Dès qu’on ne pense pas comme eux, on doit être «discarté».  Tout Québécois bien-pensant qui décentre le discours vers la droite sera diabolisé.  On compare François Legault à Donald Trump[2], on comparait Mario Dumont à Jean-Marie Le Pen[3] et on a même comparé Stephen Harper à Hitler[4].  Ces comparaisons sont sans contredit tirées par les cheveux; somme toute, elles confirment sans équivoque que la droite est loin d’être accréditée par les Protecteurs de la bienséance contemporaine.  De manière caricaturale, ce pseudo-acteur de vaudeville démontre que notre démocratie est malade.

 

Effectivement, au Québec, il n’y a pas de place pour la dissidence.  Tout le monde doit adhérer à l’idéologie «centre-gauche écolo-ellejaibétiste» ou ce qui s’y rapproche, à défaut, on est un fasciste, un bigot, un rétrograde, voire même un ignare.  Il me semble qu’en 2017, cette intolérance ne devrait plus avoir sa place au Québec.  Plus les médias favoriseront l’émergence de débats significatifs et civilisés, plus la démocratie se portera bien et moins les actes de violence auront leur place sous le soleil.

 

Recours légaux

Pour ma part, j’encourage Monsieur Bock-Côté à porter plainte et à laisser la justice décider du sort de cet homme.  Il est important qu’un signal soit lancé et ce, pour que justice soit faite et pour démontrer que lorsque vient le temps de défendre nos idées, qu’il y a une autre voie que l’agression, ça s’appelle : le dialogue; d’autant plus que Monsieur Bock-Côté était sur place pour discuter avec le public.

 

La balle est dans son camp

La décision de poursuivre ou non cet agresseur appartient à l’agressé.  Cependant, si Mathieu Bock-Côté va de l’avant, sa contribution fera progresser le Québec.  Notre patrie a besoin de gens comme lui pour faire avancer le débat.  Or, l’entartage ne fait que «vaudevilliser» le fait qu’au Québec, il n’y a qu’une façon de penser.  Pour évoluer, nous avons besoin de gens comme Mathieu Bock-Côté pour remettre en question la pensée unique.  Laisser aller cet agresseur ne ferait qu’entretenir ce climat d’intolérance qui stérilise le Québec dans une pensée unique imposée à tous.  Intenter des recours légaux lancerait un signal clair qu’en démocratie l’intolérance, l’intimidation et l’agression ne sont pas des recours acceptables…

[1] Repéré à http://www.985fm.ca/actualites/nouvelles/c-est-une-agression-maquillee-en-parodie-818707.html

 

[2] Repéré à http://www.journaldemontreal.com/2016/11/12/francois-legault-a-laise-detre-compare-a-trump

 

[3] Repéré à http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/340886/arcand-dumont-lepen

 

[4]Repéré à  http://www.journaldemontreal.com/2012/11/13/harper-compare-a-hitler

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