Quel genre de chef le PCQ a-t-il besoin?

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Quel chef le Parti conservateur du Québec (PCQ) a-t-il besoin pour convaincre les Québécois que son message contribue au bien commun?

Le choix du prochain chef est crucial. Pour que le discours de droite soit entendu au Québec, un véhicule capable d’élire un député est nécessaire. On n’a qu’à penser au référendum du Québec, le camp du « Oui » avait besoin de Mario Dumont. Or, il était le chef d’un parti « unijambiste ». En effet, même avec un seul député, Mario avait réussi à démontrer qu’il était un joueur indispensable.

Maxime Bernier ne se lancera pas dans la course, et Nathalie Elgrably-Lévy n’a pas manifesté d’intérêt. Parmi les troupes du parti, on entend circuler le nom de Richard Décarie. Pour sa part, Éric Duhaime est en réflexion.

Un rassembleur

Le prochain chef devra avoir de l’envergure, du leadership et surtout avoir les qualités d’un rassembleur. Pour créer un intérêt marqué et une lancée significative, l’aspirant chef se devra d’inspirer les nationalistes de droites, les conservateurs fiscaux, les entrepreneurs, et les libertariens. De plus, il aura le devoir de trouver un moyen de s’allier les conservateurs sociaux. En fait, ceux-ci ne trouvent pas de parti auquel ils seraient enthousiastes d’adhérer; ils sont les grands orphelins de la politique.

Une alternative à la pensée unique

Pour gagner la faveur des conservateurs sociaux sans s’aliéner ses alliés naturels, le prochain chef n’aura pas d’autre choix que de mettre l’accent sur la liberté de conscience de ses candidats. Ce faisant, il peut à la fois gagner la sympathie de tous les conservateurs et fracturer l’imposition de la pensée unique à l’Assemblée nationale. Ainsi, un candidat qui est plus à droite que les autres pourrait, lors d’un vote, se distancer de ses collègues, par souci de conscience.

Un pouvoir accru aux parents

Il serait judicieux qu’il propose de reconnaître les parents comme premiers éducateurs de leurs enfants. Cette proposition pourrait se traduire en plus de pouvoir de la part des parents dans le choix des services de garde pour leurs enfants et du type d’école qui correspondrait davantage aux besoins de ceux-ci.

La clé

Pour inspirer les Québécois, le prochain chef du PCQ doit avoir une qualité indispensable : le sens de l’humour. Le peuple québécois est reconnu internationalement pour sa Ligue nationale d’improvisation, son festival Juste pour rire et son École nationale de l’humour. Dans notre contexte social où le rire est presque aussi important que de manger, un chef conservateur qui n’a pas ce sens de l’humour ne passe pas. À l’époque de l’ADQ, malgré son jeune âge, Mario Dumont montrait qu’il était un homme sérieux. En revanche, il avait le sens du « punch » et l’art de placer une bonne ligne en temps opportun. Ces petites touches d’humour apportaient un vent de fraîcheur à son discours et manifestaient son humanité. C’est ce que les Québécois veulent voir chez un chef, une certaine sensibilité humaine. Après tout, le rire est un trait unique aux humains. Le prochain chef conservateur devra nous faire rire un peu pour montrer que le conservatisme n’attire pas que les hommes d’affaires, les bêtes de chiffres et les personnes austères. Oui, un conservateur peut manifester la joie de vivre, aimer rire et être en même temps de droite.

Un vrai bleu

Le prochain chef devra se démarquer des chefs des autres partis. Le PCQ n’a pas besoin de devenir un Parti libéral (PLQ) 4.0, déjà que le PQ et la CAQ jouent ce rôle. Un quatrième PLQ ne ferait que renforcer le concept de pensée unique, qui, à l’Assemblée nationale, règne en roi et maître. Le PCQ ne se démarquera pas s’il n’assume pas, comme le disait Raimbault, sa « bleuité ». À ce jour, les conservateurs québécois ont besoin d’un chef qui favorisera un nationalisme de droite orienté vers l’allègement de la machine étatique pour la rendre plus efficace, un nationalisme de droite qui responsabilisera la société civile et qui contribuera véritablement au bien commun.

Une course souhaitée

Chose certaine, le Parti conservateur du Québec doit s’engager dans une course à la chefferie pour générer un grand débat d’idées à la suite duquel les troupes se rallieront autour d’un programme rassembleur qui fera bouger l’aiguille, un vote à la fois…

La question qui tue!

À ceux qui se demandent si je prépare mon entrée dans la politique, la réponse est sans équivoque. Non! Cependant, je suis prêt à donner mon appui à un chef qui fera bouger l’aiguille, un vote à la fois, et surtout à sortir le Québec du carcan de la pensée unique imposée. « Dans mon livre à moi », un Québec véritablement démocratique ne fait pas de place à la pensée unique…

 

 

Eric Lanthier, analyste politique et social

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