Si Andrew Scheer avait eu cet aplomb…

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Source photo: Flickr et Andrew Scheer domaine public

Cet article a été publié initialement sur les pages de Québec nouvelles, l’Alternative médiatique.

Aux dernières élections fédérales, si Andrew Scheer avait eu l’aplomb qu’il a manifesté lors de son dernier discours en tant que chef, il aurait formé un gouvernement majoritaire.

Ce n’est pas tant ses positions morales qui ont été la bête noire d’Andrew Scheer, ce sont bien plus ses tergiversations. Or, dimanche soir dernier, son assurance et sa conviction étaient tellement manifestes qu’on lui a reproché son ton supposément « hargneux ». La raison en est sûrement qu’il a accusé les médias traditionnels de mettre en valeur un discours plutôt à tendance gauchiste et aussi parce qu’il a osé inviter les membres de son parti à opter pour des sources d’information plus ouvertes au mouvement conservateur.

Si Andrew Scheer avait eu cet aplomb, cette assurance et cette autorité lors de la dernière campagne électorale, il aurait certainement reçu la faveur d’un plus grand nombre d’électeurs. Malheureusement, on a vu, trop peu, trop tard, ce qu’Andrew Scheer avait dans le ventre.

Erin O’Toole devra se fier à son instinct et ne pas se laisser dire par tout un chacun quoi faire et comment le faire. Certes, il devra présenter un plan audacieux et rassembleur, et également une vision qui ralliera les libertariens, les nationalistes québécois, les Torontois et les conservateurs sociaux. Il aura besoin de l’assurance de Stephen Harper et de l’enthousiasme de Bernard Lord, et son programme devra plaire à la classe moyenne.

Somme toute, il devra s’inspirer de l’assurance qui émanait de son prédécesseur, le 23 août dernier, et surtout ne pas avoir honte d’être ce qu’il est : un vrai bleu. Assumer ce que nous sommes et ce que nous croyons est plus convaincant que de s’en excuser. Si Erin O’Toole se montre comme chef d’une coalition diversifiée qui représente l’ensemble des Canadiens et Canadiennes, il dépassera son prédécesseur.

Néanmoins, il devra se garder de sous-estimer son principal adversaire qui plaît à l’électorat. Justin Trudeau sait comment séduire et endormir les électeurs. Erin O’Toole devra s’entourer de conseillers qui connaîtront ses forces et qui sauront les mettre en valeur pour que, après avoir monté un plan solide, il puisse le présenter, plein d’assurance. Un plan qui en donnera assez pour répondre aux besoins d’aujourd’hui sans toutefois hypothéquer la génération de demain… Pour y arriver, il sera nécessaire qu’il tire son épingle du jeu au sein des médias traditionnels, tout en étant promu par les réseaux alternatifs.

Si Erin O’Toole se laisse inspirer par l’aplomb qu’a démontré Andrew Scheer le 23 août dernier, s’il montre qu’il n’a pas froid aux yeux, il sera un adversaire redoutable pour Justin Trudeau. En espérant qu’il se réservera des cartes pour la dernière semaine de campagne, le moment où les libéraux sont les plus forts…

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