S’unir pour augmenter le taux de natalité au Québec

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Source photo: Pixabay et 1041483

Éric Lanthier

Le débat sur l’avortement nous éloigne des questions de fond. Or, il est temps de s’unir et de se doter de moyens, en tant que citoyens, pour que, sans tarder, un plus grand nombre de femmes décident de se tourner vers la maternité.

Devant l’urgence de la situation démographique au Québec, il serait temps de sortir de l’axe « Pro-Choix – Pro-Vie » et d’encourager les femmes à la maternité afin d’augmenter les naissances. Que ce soit pour un premier ou un énième accouchement, notre société pourrait-elle inspirer les mères à garder leur enfant ou même, à désirer en avoir davantage? Tel serait le projet d’une commission à mettre sur pied.

Comprendre et solutionner

Pour que ce rêve devienne une réalité, je propose l’élaboration d’une commission parlementaire sur l’augmentation des naissances au Québec. Une telle commission nous éclairerait sur les motivations qui poussent les femmes à mettre de côté la maternité, et surtout sur les moyens à prendre en tant que société pour hausser notre taux de natalité et réduire le nombre de femmes qui abandonnent l’idée de mener à terme leur grossesse[1]. Plusieurs n’osent pas avoir plusieurs enfants ou s’abstiennent de garder leur bébé pour des raisons qui leur appartiennent, mais, si en tant que société, nous trouvions des moyens pour éliminer les obstacles qui incitent bien des femmes à interrompre leur grossesse, nous augmenterions le nombre de mamans qui choisiraient de procréer davantage.

Qu’est-ce qu’une commission parlementaire?

Si l’on vulgarise à sa plus simple expression une commission parlementaire, c’est une commission qui s’attaque à des questions de fond dans le but d’améliorer certaines conditions au bien commun ou qui tente de résoudre des impasses sociales. Qu’il s’agisse d’un projet de loi, d’une enquête sur un sujet d’actualités ou d’un enjeu social, ces commissions servent à éclairer les députés qui y siègent. Ceux-ci peuvent y entendre des personnes issues de toutes les sphères de la société qui jetteront de la lumière sur le sujet à analyser. Ainsi, la diversité des points de vue contribue à débattre du sujet dans une perspective plus large, à ajuster certains pans d’une loi ou à corriger une iniquité sociale.

Cette commission parlementaire aurait pour mission de consulter la société civile afin d’être en mesure de répondre à cinq questions fondamentales. Cette consultation permettrait aux femmes concernées, aux chercheurs, aux penseurs, aux scientifiques, aux psychologues, aux médecins, aux économistes, en somme, à tout individu ou groupe qui se sentent préoccupés par une de ces cinq questions d’apporter leur contribution :

    • Comment aider les personnes seules à trouver un partenaire?
    • Comment encourager des couples à désirer des enfants ou plus d’enfants?
    • Comment aider les femmes à planifier d’avoir des enfants à un âge moins avancé?
    • Comment améliorer les relations de couple pour réduire le taux de séparation?
    • Quels moyens mettre en place pour favoriser chez le plus grand nombre de femmes possible l’aboutissement de leur grossesse?

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« […] il serait temps de sortir de l’axe « Pro-Choix – Pro-Vie » et de s’unir pour discuter et trouver des solutions afin qu’un plus grand nombre de femmes optent pour devenir mères. »

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Des questions existentielles et essentielles

Les réponses à ces questions seraient déterminantes parce qu’elles pourraient nous offrir les moyens pour que les natalités explosent au Québec. La première étape est de comprendre pourquoi des gens vivent seuls pendant des années? Considérant que 28 % de la population vit seule, il s’avèrerait judicieux de sonder les raisons qui empêchent ces personnes de trouver l’âme sœur et de s’unir avec elle. Sans conjoint ou conjointe, l’aventure parentale exige une bonne dose d’audace. Évidemment, cette commission parlementaire ne réussirait pas à trouver des solutions à tous les maux. Néanmoins, elle pourrait aider à faire bouger l’aiguille, réduire le nombre de personnes seules et, le cas échéant, augmenter le nombre de couples parents.

En découvrant ce qui retient certaines femmes de poursuivre leur grossesse ou ce qui pousse les couples à limiter leur nombre d’enfants à un ou deux, chacun découvrirait probablement que ses raisons ne sont pas si valables à côté du choix d’avoir des enfants et peut-être que plus de parents désireraient agrandir leur famille.

Considérant que la maternité prend de l’âge, cette commission pourrait provoquer une réflexion chez les femmes sur la possibilité de devenir mamans plus jeunes. Partant du présupposé que si l’on devient parent plus jeune, on est enclin à avoir plus d’enfants, convaincre les jeunes couples à commencer leur famille plus tôt contribuerait certainement à l’augmentation des naissances.

Par ailleurs, lorsque la relation de couple n’est pas en santé, le rôle de parents se fragilise. Il est plus inspirant et rassurant pour les conjoints de s’aventurer dans l’univers de la parentalité lorsque le lien entre eux est solide.

Mettre fin à un débat stérile

Enfin, il serait important de comprendre pourquoi plus de 25 000 femmes se font avorter année après année. Est-ce pour des raisons économiques, sociales, relationnelles, médicales ou autres? Si, en tant que société, nous pouvions fournir des ressources qui aideraient à ce qu’un plus grand nombre de femmes choisissent le miracle de la vie, le débat sur l’avortement prendrait une tout autre tournure. Le consensus social ne serait plus autour des pours ou des contres, mais il s’attarderait à l’élaboration d’une société plus solidaire et recentrée sur la beauté de la reproduction. Combien de femmes choisiraient de garder leur enfant si les conditions favorables étaient au rendez-vous? La réponse à cette question est essentielle pour arriver à une augmentation de natalité chez les Québécoises et les Québécois.

Une volonté politique

Ce qui est nécessaire pour que cette commission voit le jour, ce n’est pas plus d’argent, puisqu’une telle entreprise fait partie, en général, des responsabilités des députés. Non, tout ce que cela nécessite, c’est une volonté politique de la part du gouvernement d’ouvrir la matrice et de commander une telle commission. J’espère de tout cœur que ces propos germeront dans la tête de notre premier ministre et qu’ils seront en gestation jusqu’à leur aboutissement. De manière à rendre le processus non partisan, il serait sage qu’une telle commission accouche au début de 2020 pour qu’elle puisse développer des pistes de solution. Grâce à l’expertise et à l’expérience de tout un chacun, je suis convaincu qu’un tel processus suscitera un désir d’augmenter les naissances au Québec.

Il n’en reste qu’à vous, monsieur Legault, d’en décider. Si vous vacillez, je vous invite à consulter le peuple, il est pour la vertu…

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[1] À l’heure actuelle, aucune loi ne régit l’avortement. Au Canada, il n’y a aucune limite. Qui plus est, les avortements passés 25 et plus sont acceptés. Plusieurs d’entre eux sont pratiqués aux États-Unis, mais le gouvernement Legault veut qu’ils soient faits au Québec.

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