Réinventer le concept de commissions scolaires, un beau cadeau de Noël

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Source image: Pixabay

Éric Lanthier

 Cet article a été initialement publié sur la plateforme francophone du Prince Arthur Herald

Si le gouvernement actuel avait le courage de limiter le nombre de commissions scolaires à 25 et d’abolir le concept de taxes scolaires, les Québécois se mettraient à croire au père Noël.

 

Puisque saint Nicolas n’existe plus et que le père Noël n’est qu’un personnage imaginaire, l’abolition de la taxe scolaire et la réduction massive des commissions scolaires ne figurent pas dans le radar du gouvernement. Tout ce qu’il nous reste, c’est le droit de rêver à ce qu’un jour, l’argent des contribuables serve à former une relève de qualité. Ce serait beau de voir une génération de jeunes stimulée intellectuellement, devenue socialement responsable et équipée pour améliorer la qualité de vie de l’ensemble des Québécois.

 

 

Un concept obsolète

Le faible taux de participation des Québécois aux élections scolaires prouve que le concept de commissions scolaires est dépassé. La démocratie a parlé, ce modèle du siècle dernier ne lui dit plus rien. Là où la démocratie doit s’exprimer, c’est sur le terrain. Là où les parents ont besoin de se mobiliser, c’est dans l’école et non au sein d’une structure administrative éloignée de la réalité. Plutôt que de se contenter qu’une faible minorité élise des commissaires, l’ensemble de la population devrait s’investir dans les écoles. Chaque communauté regorge de talents et de ressources. Il serait tellement plus judicieux que ces richesses concourent au développement de la nouvelle génération.

 

 

Réduire pour réussir

Pour que ce rêve s’accomplisse, nous avons besoin d’un véhicule souple et surtout efficient. Subséquemment, il est impensable d’améliorer notre système scolaire sans passer par des changements significatifs. L’abolition des taxes scolaires et la réduction massive des commissions scolaires permettraient au gouvernement de faire un ménage au ministère de l’Éducation. L’État n’aurait pas d’autre choix que de couper dans les structures et dans les dépenses administratives pour concentrer ses investissements financiers dans la réussite scolaire des élèves.

 

25 : le chiffre magique

Dans un Québec soucieux du développement de sa relève, il ne devrait y avoir que 25 commissions scolaires : 17 francophones, soit une par région administrative, 5 anglophones, une commission réservée aux Premières Nations, une autre, aux Inuits et une dernière qui veillerait au bon développement des écoles isolées qui parsèment le territoire de la Basse Côte-Nord. Limiter ainsi le nombre de commissions scolaires entraînerait des économies d’échelle. Le gouvernement du Québec serait alors en mesure d’investir davantage dans les services directs aux élèves.

 

 

Des visionnaires audacieux

Dans le milieu de l’éducation, les ressources ne sont pas un problème. Le problème se situe plutôt dans le cœur de nos politiciens. Ils manquent de vision et de courage. Sans vision et sans courage de la part de la personne qui occupe le siège du ministre, le monde de l’éducation fait du surplace. Dans toute l’histoire du monde, aucun changement social ne s’est opéré sans vision ni courage. En amont, nous avons besoin de ce ministre audacieux, courageux et dégourdi qui ne voudrait qu’une chose, réduire le poids administratif du ministère de l’Éducation pour qu’en aval, les communautés puissent se prendre en main, s’entraider et surtout contribuer à l’édification d’une relève fière de ses racines, de son patrimoine et de son milieu.

 

 

Croire au père Noël

Si le ministre actuel était cette personne au sein du gouvernement, la population se remettrait à croire que le père Noël n’est pas une fiction. Or, ce ne sera pas demain la veille d’un tel miracle, puisqu’au Québec, le mieux que le gouvernement puisse faire, c’est d’entretenir le mythe. Il ne lui suffit que d’amadouer les contribuables par des cadeaux distribués ici et là. Pendant qu’on attend le cadeau ultime, il finit par acheter une paix momentanée et repousser toujours plus loin le développement de notre relève.

 

De leur côté, les contribuables réalisent que leur carte de crédit est passablement pleine et que ça les rattrape, mais puisque le père Noël n’existe pas, ils n’ont d’autre choix que de payer cette carte qu’ils ont laissée entre les mains du gouvernement.

 

Les Québécois ont besoin d’un ministre visionnaire audacieux, capable de mener à terme cette réforme des commissions scolaires avec tous ses tenants et aboutissants. Avec un tel ministre de l’Éducation, nous n’aurions plus besoin de croire au père Noël, la réalité nous émerveillerait. Toutefois, je sais pertinemment que ce cadeau de Noël n’arrivera ni du pôle Nord ni de l’Assemblée nationale, parce que le père Noël n’existe pas.

 

 

Mon espérance

Quoi qu’il en soit, mon espérance n’est pas dans ce héros à venir, car je risque d’attendre bien longtemps et de me retrouver les mains vides. Non, mon espérance est dans celui qu’on célébrera lundi prochain… C’est pourquoi, je vous souhaite, malgré tout, un très joyeux Noël et un bon congé en bonne compagnie!

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