Pour Guy Nantel les valeurs occidentales priment sur le patrimoine québécois

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Source photo: Pixabay et Jeremykim

Le Tour d’horizon est diffusé tous les vendredis sur les ondes du 92,7 FM\Ottawa-Gatineau à 17 h 15.  Il est disponible en format audio au bas de la page et en mode vidéo en tout temps sur cette page ainsi que sur ma chaîne YouTube.

Le vendredi 14 février 2020

L’humoriste politico-social cherche davantage à occidentaliser le Québec qu’à faire la promotion de notre identité et de notre patrimoine.

Lorsqu’il a annoncé le 13 février dernier qu’il se présentait officiellement à titre de candidat à la chefferie du Parti québécois, Guy Nantel a dévoilé qu’il entendait intégrer les personnes issues des communautés culturelles. À quoi veut-il les intégrer, au fait? Veut-il qu’ils troquent le miel pour le sirop d’érable, souhaite-t-il qu’ils s’approvisionnent en cannes de Noël ou qu’ils chantent le Minuit chrétien lors de leur assermentation? Non, il veut les intégrer à la culture occidentale, celle qu’on retrouve pratiquement partout en Amérique du Nord et aussi en Europe.

Essentiellement, l’humoriste de 51 ans veut converger tous les Québécois vers une culture commune et les convaincre d’adhérer à une constitution typiquement occidentale. Voici l’essentiel de son propos :

« […] on doit converger, tout le monde, vers une culture commune, et certainement aussi adhérer à une nouvelle constitution qui, peut-être, souhaitons-le, un jour, affirmera haut et fort la pérennité de la langue française en Amérique du Nord, et bien sûr, d’autres valeurs qui nous sont chères comme l’égalité entre les hommes et les femmes, la séparation entre le religieux et l’État, l’intégration des personnes issues des communautés culturelles, la protection des minorités sexuelles et la protection de l’environnement. »

Les valeurs occidentales

Dans cet exposé, il n’y a rien de nouveau sous le soleil puisque dans son livre Je me souviens de rien, il mentionne qu’il est normal et légitime de demander aux nouveaux arrivants de signer un document qui les engage à respecter les valeurs suivantes :

  • « L’égalité homme-femme;
  • La séparation de l’Église et de l’État;
  • L’apprentissage du français;
  • La non-discrimination par rapport à l’orientation sexuelle;
  • La participation à la vie civique à visage découvert. »

Pour lui, c’est « […] à prendre ou à laisser […] la liste d’attente est longue et la proposition du modèle québécois plaira à d’autres. » Cette déclaration, qu’on retrouve à la page 155 de son écrit, en dit long sur ses valeurs et son ouverture face aux libertés individuelles.

Protéger quoi?

Or, pourquoi veut-il à tout prix brimer les nouveaux arrivants et les obliger à signer un papier alors que notre Charte des droits et libertés de la personne énumère déjà les protections légales qui sont en place pour tous les concitoyens québécois? Pourquoi cet aspirant chef n’exige-t-il pas que les immigrants ne remettent pas en question le patrimoine québécois? S’il veut qu’ils s’intègrent à la culture québécoise, pourquoi ne les incite-t-il pas à comprendre et à connaître ce qui nous distingue des autres sociétés occidentales? 

Outre la langue, le Québec de Guy Nantel n’a rien de différent de la Norvège ou de la Suède.

S’unir en s’éloignant

Lorsqu’il affirme que sa mission sera d’amener le PQ à s’unir, à se restructurer, à s’assumer et à se décomplexer, il vise à mobiliser les troupes du parti autour d’un projet de pays qui s’occidentalisera de plus en plus. Il vise à les unir et à amener ultimement les Québécois à se détacher de leur patrimoine, de leur culture, de leur histoire, de leur héritage et de leur identité.

Plus le Parti québécois étire sa longévité, plus il perd de vue l’identité québécoise. Paradoxalement, la mondialisation et l’occidentalisation de notre culture sont de plus en plus portées par les souverainistes. Au lieu de fêter Noël, Pâques et l’Action de grâces, on fêtera le congé des neiges, la fête des desserts au chocolat et l’arrêt santé.

Quel dommage qu’un autre politicien s’éloigne de notre identité et la laisse disparaître comme une vapeur pour amener le Québec à n’être qu’une copie de toutes les autres nations. Si c’est ça le prix de l’indépendance du Québec, je préfère l’approche de Frédéric Bastien : négocier avec le fédéral pour obtenir plus d’autonomie dans des sphères qui nous sont propres. On peut devenir plus autonome sans ressembler à tout le monde. C’est ça une nation distincte, non?

Des appuis du milieu

À mon avis, ce n’est pas son statut d’humoriste qui lui coûtera son pari de faire l’indépendance, c’est son désir de faire du Québec une nation occidentale comme toutes les autres. Mais bon! Il aura certainement l’appui des membres du jet-set et des auditeurs de Tout le monde en parle ! 

Éric Lanthier, chroniqueur politique et social

Si vous désirez que le Tour d’horizon continue à être diffusé ce printemps sur les ondes du 92,7 FM , n’hésitez pas à me contacter via leblogueur@ericlanthier.net

 

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